Allez hop, session racontage de vie. « Toussa » serais-je tenter d’ajouter.
Pour moi, mercredi c’est retour au taf après 30jours de vacances totalement non mérités. D’ailleurs j’ai horreur de cette réplique que tout un chacun se sent obligé de sortir quand un collègue part en congé : « Alors tu l’as mérité ? » Quand j’entends ça j’ai des envies de leur vomir dans l’anus…. C’est juste la remarque la plus conne et la moins originale de la terre mais j’admets que la vie sociale passe par la répétition, répétion de manières d’agir standardisées naissant de l'angoisse de la rencontre avec Alter. Dès qu’il y a des situations sortant des gonds de la normalité, du socialement convenable (comme chier par terre dans les toilettes tous les jours) les gens se mettent à flipper. Dingue non ? Passons sur ces compulsions collectives...
Donc religieusement j’ai préparé ma trousse, mon costume, ma chemise, ma cravate, et le tout attend plié sur l’étagère. J’ai même prévu les vêtements que je mettrai jeudi et vendredi. Chui un déglinguo bordel, je fuck le système à tous les niveaux.
En fait le seul plaisir que j’ai à revenir au bureau est de pouvoir mater la petite au fond du couloir méga bonne… Super fine avec le plus beau petit cul de Malakoff. Et aussi retrouver mon très cher collègue que j’ai découvert homo ou bi et en train de me chauffer sur MSN il y a deux semaines. Croyez-le ou pas j’avais vu ou plutôt pressenti son jeu en filigrane. Il essayais toujours de m’emmener sur des sujets un peu scabreux (ce qui n’était pas bien difficile car j’ai pas besoin de me forcer pour parler trash) pour essayer de voir si j’allais me trahir si tant est que j’aie quelque chose à cacher pour voir s’il y avait moyen pour lui sans dire quoi que ce soit explicitement. Et moi ça me faisait marrer d’être ambigu, de faire en sorte qu’il y ait toujours une potentialité d’interprétation pour quelqu’un qui chercherait un sous-texte… Enfin c’est con pour lui, je vais devoir lui défoncer sa gueule de pédéraste, cagoulé en bas de chez lui. Mouarf.
Transition !
J’ai vu pas mal de films dont 1 mériterait un post à lui tout seul. Je passerai donc sur le Parfum qui est une merde infâme.
Il s’agit de Family Portrait. Film indé constitué de 3 histoires indépendantes (j’aurais bien dit saynète mais une saynète est comique non ? enfin je crois…) et dont tu ne saurais dire catégoriquement si c’est bon ou mauvais. Un travers des films indé est de tenir un discours complaisant, fier de lui car persuadé d'être plus intelligent que le spectateur (à la Lars Von Trier et son Manderlay prétentieux), de se gargariser d'un formalisme du dénuement, de se prévaloir haut et fort d'une désesthétisation , une absence d'artifice... bref de l'esbrouffe je-suis-un-auteur. Il y a un peu de ça dans Family Portraits. La première histoire traite d’une mère de famille qui voit sa vie sombrer dans une routine et dont on devine, à continuer de feindre que tout va bien dans son couple, que ce n’est pas si grave si son mari n’arrive même plus à bander pour soi, prendre le chemin de la dépression et du mutisme. C’est même sûrement assez commun de se voir en train de rater sa vie au jour le jour. Les ratés, c’est pas ce qui manque, non ? Mais c’est là que le réalisateur vient dynamiter le tout dans une acmé de sauvagerie défiant l’entendement. C’est court mais violent, très violent. Dans mon palmarès des film les plus border line il caracole en tête et je n’ai pas souvenir d’un film exhibant in extenso une telle explosion de violence sur ce mode là (intrusion de la violence extrême dans la banalité d’un quotidien de famille). Le rythme va decrescendo (rétrospectivement), mais la scène de violence inaugurale vient hanter tout le reste du film et le spectateur s’attend à nouveau à un « accident », à une mécanique qui va se gripper pour accoucher de l'abominable (dès qu’il y a un objet contondant, on se dit qu’il va se passer un truc…). Dans la deuxième histoire c’est un père à tendances sado-masochistes qui en vient à zigouiller sa fille et sa femme au couteau. On nous montre son enfance et la relation à un père archétype de la figure de l’autorité paternelle réprimant toute spontanéité et garante d’un ordre familial vertical que mai 68 a mis à bas. Une nuit il va épier ses parents et découvre papa jouer au dominant avec maman à quatre pattes. On devine que c’est cette scène qui va travailler son économie psychique mais qu’adulte il tentera de refouler. Les 2 histoires sont traversées par les thématiques d'Eros et Thanatos, la pulsion de vie qui se transforme en son contraire, de la répression du désir, de la parole. La troisième histoire est celle d’une jeune fille devenue handicapée après avoir été agressée par un sadique qui se trouve être le gentil papy qui travaille à la poste que tout le monde apprécie…. Je vous cache pas que c'est très glauque et que cela s'adresse à ceux qui sont à la recherche d'un cinéma de la limite.
Je finis sur un autre film : Hard Candy. Objectivement c’est une série B en plus clinquant, avec une écriture des dialogues plutôt bien fichue. C’est une fille de 14 ans qui se retrouve chez un photographe trentenaire attirée par les gamine mais sans qu’on sache s’il est du genre à passer à l’acte ou juste s’approcher dangereusement de la ligne rouge en flirtant. Mais inversion des rôles, c’est celle-là qui va devenir le bourreau et celui-ci la victime. Pas crédible pour un sou mais j’ai apprécié de voir la fille de 14 balais (je vous rassure l'actrice n'a pas réellement 14 ans et elle joue vraiment bien) mettre au supplice le pauvre type ( !) qui n’a pas demandé à être émasculé ! C'est d'ailleurs le ressort affiché du film de vouloir provoquer chez le spectateur via une distribution chiasmée des rôles jubilation et répulsion alternées. C'est là, à mon sens, que le dispositif rate: malgré une posture a-morale, ça reste très lisse faute d'assumer jusqu'au bout les prémisses et d'en tirer les ultimes conséquences. On reste au milieu du gué et c'est dommage. Enfin, j’en ai déjà parlé, mais si vous voulez un bon film pédophile…. Euh, je reformule : si vous voulez un excellent film traitant de la pédophilie je vous conseille Mysterious Skin de Greg Araki.